(Série : Le bonheur et ses qualités-Partie 3)
Nous vivons dans un monde qui va vite.
Nous voulons des réponses immédiatement, des résultats rapidement et des solutions efficaces. Un message sans réponse nous agace. Une file d’attente nous impatiente. Une personne qui conduit trop lentement devant nous devient rapidement notre adversaire! Même notre téléphone nous habitue à obtenir presque tout instantanément. Dans ce contexte, la patience est devenue une qualité étonnamment difficile à pratiquer.
Pourquoi sommes-nous si impatients?
L’impatience apparaît souvent lorsque la réalité ne correspond pas au rythme que nous souhaiterions. Nous avons une idée de ce qui devrait se passer. Et lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu, notre frustration augmente. Le problème est que nous confondons parfois ce que nous préférons avec ce qui devrait nécessairement arriver.
Nous aimerions que quelqu’un comprenne immédiatement. Nous aimerions récupérer rapidement d’une blessure. Nous aimerions que nos enfants changent leur comportement. Nous aimerions que notre corps réagisse plus rapidement à nos efforts. Mais la vie ne fonctionne pas toujours selon notre calendrier.
Le corps connaît son propre rythme.
Cette observation est particulièrement intéressante lorsqu’on pense à notre santé. Nous aimerions parfois qu’un changement arrive immédiatement. Pourtant, notre organisme fonctionne selon des processus qui demandent du temps. Une adaptation, une récupération, une amélioration de la condition physique ou un changement d’habitude ne se produit généralement pas en une journée.
Nous savons intuitivement qu’une bonne condition physique se construit avec le temps. Nous acceptons que faut plusieurs semaines sont nécessaire pour développer une habitude. Alors, pourquoi exigeons-nous parfois des résultats immédiats dans d’autres domaines?
La patience nous apprend à respecter les processus. Cela ne signifie pas attendre sans rien faire.
Être patient ne signifie pas être passif, au contraire. La patience consiste à continuer à faire ce qui est nécessaire tout en acceptant que le résultat puisse prendre du temps. Un jardinier plante une graine, l’arrose et lui donne les bonnes conditions. Mais il ne tire pas sur la plante pour la faire pousser plus rapidement. Nous faisons parfois exactement cela avec nous-mêmes. Nous voulons tellement progresser que nous devenons impatients devant notre propre évolution. Il faut apprendre à faire notre part… puis laisser le temps faire la sienne.
La patience commence souvent par une respiration.
L’une des manifestations les plus intéressantes de l’impatience est sa rapidité. Quelqu’un nous coupe la parole. Une voiture nous coupe la route. Notre ordinateur ne fonctionne pas. Une personne ne comprend pas ce que nous essayons de lui expliquer. En quelques secondes, notre corps et notre esprit peuvent entrer en mode réaction.
La prochaine fois que vous remarquez cette montée d’impatience, essayez quelque chose de très simple : ne faites rien pendant trois secondes. Respirez. Puis répondez. Ces quelques secondes peuvent sembler insignifiantes, mais elles créent un espace entre le stimulus et notre réaction. Et cet espace est précieux.
Et si nous remplacions « plus vite » par « juste à temps »?
Nous ne pouvons pas toujours ralentir le monde. Mais nous pouvons ralentir notre réaction au monde. La patience nous permet de regarder autrement les délais, les difficultés et même certaines personnes qui nous irritent. Elle nous donne la possibilité de nous demander : « Est-ce vraiment nécessaire que cela arrive maintenant? » Parfois, la réponse sera oui. Mais souvent, nous découvrirons que ce qui nous dérange le plus n’est pas la situation elle-même, mais notre désir de la contrôler.
La patience est donc aussi une forme d’acceptation. Elle nous rappelle que certaines choses ne peuvent pas être forcées.
Une qualité qui devient plus précieuse avec l’âge.
La patience nous enseigne également quelque chose sur le temps. Nous ne pouvons pas retenir le temps. Nous ne pouvons pas revenir en arrière. Nous pouvons toutefois apprendre à être davantage présents dans le moment que nous sommes en train de vivre. Plutôt que d’être constamment dans l’attente de la prochaine étape, nous pouvons apprendre à habiter celle-ci.
La vie n’est pas uniquement ce qui arrive après le moment présent.
Elle est aussi ce qui se passe maintenant.
Recommandation de la semaine :
Cette semaine, choisissez une situation qui vous rend habituellement impatient : une file d’attente, la circulation, une personne qui prend son temps, etc. Au lieu de lutter contre votre impatience, observez-la. Respirez profondément et dites-vous : « Je n’ai pas besoin d’aller plus vite que le moment présent. »
Voyez ce que cette simple phrase change.
Le saviez-vous?
La respiration lente et contrôlée peut contribuer à diminuer l’activation physiologique associée au stress.
Prendre quelques respirations avant de réagir peut donc aider à créer un moment de pause entre l’émotion et l’action.
Parfois, quelques secondes de patience peuvent nous éviter plusieurs minutes de frustration.
Dr Pierre Bernier, chiropraticien, D.C. 12 10 2026
Tous droits réservés et ne peut être reproduit que dans son intégralité.
Ce document n’est ni un avis ni une consultation médicale. Son objectif est de vous informer. Si vous prenez des médicaments, consultez le professionnel qui
vous les a prescrits avant de les modifier ou les arrêter. Certains produits naturels peuvent interférer avec certains médicaments, consultez votre pharmacien.
