(Série : Le bonheur et ses qualités-Partie 2)

Nous entendons souvent parler de santé, d’exercice, de bonne alimentation, de sommeil et de gestion du stress. Tous ces éléments sont importants mais il existe une autre dimension de notre bien-être dont on parle peut-être moins : la façon dont nous traitons les autres… et la façon dont nous nous traitons nous-mêmes.

Cette qualité porte un nom simple : la bienveillance.

Nous avons parfois tendance à associer la bienveillance à la gentillesse ou à la politesse. Pourtant, elle va beaucoup plus loin car être bienveillant, c’est choisir de regarder l’autre avec un peu plus de compréhension, même lorsque son comportement nous dérange.

Nous ne connaissons jamais toute l’histoire.

Imaginez quelqu’un qui vous répond sèchement au téléphone. Notre première réaction peut être très rapide:
« Quelle personne désagréable! » dirons-nous. Mais nous ne savons pas ce qui se passe derrière cette réaction.

Cette personne vient peut-être d’apprendre une mauvaise nouvelle. Elle est peut-être épuisée, inquiète pour un proche ou simplement dépassée par sa journée. Cela ne justifie pas nécessairement son comportement. Mais comprendre n’est pas excuser.

La bienveillance consiste justement à laisser une petite place à ce que nous ne savons pas. Il en va de même dans nos relations avec notre conjoint, nos enfants, nos collègues et même avec les inconnus que nous croisons chaque jour. Nous voyons le comportement. Nous ne voyons pas toujours la souffrance, la fatigue, les inquiétudes ou les expériences qui se trouvent derrière.

 Et si nous commencions par nous-mêmes?

La bienveillance envers les autres est importante, mais il y a une personne envers laquelle nous oublions souvent d’être bienveillants : nous-mêmes.

Combien de fois nous reprochons-nous une erreur? « J’aurais dû le savoir. », « Je ne suis vraiment pas bon. ».

« Pourquoi est-ce que je fais toujours cela? ». Nous accepterions rarement de parler de cette façon à quelqu’un que nous aimons. Pourquoi est-il alors acceptable de nous parler ainsi?

Être bienveillant envers soi-même ne signifie pas se trouver des excuses ou renoncer à s’améliorer. Cela signifie pouvoir reconnaître : « J’ai fait une erreur, mais je ne suis pas une erreur. » Cette distinction est importante. La culpabilité excessive nous immobilise. La bienveillance nous permet davantage d’apprendre et de recommencer.

La bienveillance change notre environnement.

Il y a quelque chose de remarquable avec la bienveillance : elle est contagieuse. Par exemple, une personne qui prend le temps d’écouter au lieu d’interrompre peut modifier complètement une conversation. Un sourire donné à un inconnu peut être insignifiant pour nous et pourtant, avoir une importance inattendue pour cette personne. Un « merci » sincère, une porte tenue ouverte, une question posée avec intérêt ou simplement quelques secondes accordées à quelqu’un peuvent transformer une interaction ordinaire. Nous sous-estimons souvent l’impact de ces petits gestes. Pourtant, notre quotidien est constitué précisément de ces interactions.

La qualité de notre vie dépend en partie de la qualité de nos relations. La bienveillance n’est pas une faiblesse.

Il existe parfois une confusion entre être bienveillant et être faible. Ce n’est pas la même chose. On peut être bienveillant et poser une limite. On peut être bienveillant et dire non. On peut être bienveillant et exprimer un désaccord. On peut même être bienveillant envers quelqu’un tout en décidant de ne plus accepter certains comportements. La bienveillance ne demande pas de tout accepter.

Elle nous invite plutôt à nous demander : « Puis-je être ferme sans être cruel? » C’est une distinction qui peut changer beaucoup de choses dans nos relations.

Une qualité qui se pratique.

La bienveillance n’est pas seulement un trait de personnalité que certaines personnes possèdent et d’autres non.

C’est aussi une habitude. Comme un muscle, elle peut se développer et nous pouvons commencer très simplement. Lorsque quelqu’un nous irrite, prendre une seconde avant de répondre. Lorsque nous commettons une erreur, remplacer l’autocritique par une réflexion constructive. Lorsque nous rencontrons quelqu’un qui semble difficile, nous rappeler que nous ne connaissons probablement pas toute son histoire.

Et surtout, nous demander régulièrement : « Est-ce que ma présence rend cette situation un peu meilleure ou un peu plus difficile? » Cette question peut devenir un excellent guide.

Recommandation de la semaine :

Choisissez volontairement une personne par jour envers laquelle vous serez un peu plus bienveillant. Un compliment, un merci, une écoute attentive, un sourire ou simplement le fait de ne pas répondre immédiatement à une remarque irritante. Observez ensuite ce qui se passe. Il est fort possible que vous découvriez que la bienveillance que vous offrez aux autres vous fait également du bien.

Le saviez-vous?

Des travaux en psychologie associent les comportements de bienveillance et de compassion à de meilleures relations sociales et à un meilleur bien-être psychologique.

Les actes altruistes peuvent également favoriser un sentiment de connexion avec les autres.

La bienveillance n’est donc pas seulement quelque chose que nous offrons.

C’est aussi quelque chose que nous cultivons en nous.

 

Dr Pierre Bernier, chiropraticien, D.C.  05 10 2026

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