(Série : Produits chimiques éternels dans nos cuisines-Partie 1)
Depuis quelques années, on entend de plus en plus parler des PFAS, aussi appelés « produits chimiques éternels ». Ils soulèvent des inquiétudes en santé environnementale mais, la question revient souvent en clinique :
Est-ce vraiment pertinent pour ma santé au quotidien ?
La réponse courte est oui — pas de façon aiguë, mais dans une logique d’exposition chronique, d’inflammation de bas grade et de dérégulation des systèmes de régulation du corps.
A. Que sont les PFAS, simplement?
Les PFAS (per et polyfluoroalkyl substances) sont des substances chimiques synthétiques utilisées pour leurs propriétés :
- antiadhésives,
- résistantes à la chaleur,
- imperméabilisantes.
On les retrouve notamment dans :
- certains ustensiles de cuisine antiadhésifs,
- emballages alimentaires,
- textiles résistants aux taches,
- eau potable (selon les régions).
Leur particularité : ils persistent très longtemps, autant dans l’environnement que dans l’organisme.
B. Pourquoi s’y intéresser d’un point de vue clinique?
Parce que les PFAS ne causent généralement pas de symptômes immédiats, mais sont associés à des effets subtils et cumulatifs qui touchent trois (3) axes clés de la santé :
1. PFAS et inflammation chronique : un terrain silencieux
L’inflammation chronique de bas grade est impliquée dans de nombreuses conditions modernes :
- douleurs persistantes,
- récupération lente,
- fatigue,
- troubles métaboliques,
- dégénérescence tissulaire.
Les PFAS sont associés à :
- une activation anormale du système immunitaire,
- une augmentation de marqueurs inflammatoires,
- une perturbation de la régulation hormonale (axe thyroïdien, cortisol).
👉Ce n’est pas l’exposition ponctuelle qui pose problème, mais l’addition de petites expositions répétées sur plusieurs années.
-
- Système nerveux : un lien indirect mais réel
Le système nerveux est particulièrement sensible à :
- l’inflammation chronique,
- les perturbateurs endocriniens,
- les toxines persistantes.
Les PFAS peuvent influencer :
- la signalisation neuro-endocrinienne,
- la réponse au stress,
- la régulation du système nerveux autonome.
Chez certaines personnes, cela peut contribuer à :
- une hyperréactivité au stress,
- une récupération plus lente après une blessure,
- une modulation moins efficace de la douleur.
👉 En clinique, cela peut se traduire par un système nerveux moins adaptable, plus facilement “irritable”.
-
- Et la santé osseuse et métabolique dans tout ça ?
On pense souvent aux os comme à une structure inerte. En réalité, l’os est un tissu vivant, très sensible à :
- l’inflammation,
- les hormones,
- le métabolisme minéral,
Les PFAS sont associés à :
- des perturbations du métabolisme du calcium et de la vitamine D,
- une altération de la formation osseuse,
- une possible diminution de la densité minérale osseuse à long terme.
👉 Chez les adultes, cela peut influencer la qualité osseuse et la récupération.
👉 Chez les enfants et adolescents, la question du développement osseux est particulièrement pertinente.
C. Pourquoi l’approche « tout ou rien » n’est pas utile?
Il est irréaliste — et inutile — de chercher à éliminer toute exposition. L’objectif n’est pas la perfection, mais la réduction intelligente de la charge totale. C’est exactement la même logique que :
- l’inflammation,
- la posture,
- l’activité physique,
- l’alimentation.
👉Moins de charge inutile = plus de capacité d’adaptation pour le corps.
Dr Pierre Bernier, chiropraticien, D.C. 11 05 2026
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